Je vais devenir grosse à n'en plus voir mes pieds, la mutation a démarré avec un sympathique double menton qui me rapproche gentiment du pélican et se poursuit avec mon ventre qui bombe et défigure ma silhouette de profil ou pire quand je suis assise.
Je ne sais pas ce que je comble en m'empiffrant de la sorte, le vide de mon compte en banque peut-être? Je ne viens pas d'une famille obsédée par le régime, notre métabolisme étant assez bien construit. Mais faut pas déconner, le simple fait de me voir en photo désormais me donne envie de gerber (ce qui en réfléchissant ne serait peut-être pas si bête?)
La question reste posée, je compte aller où comme ça??
dimanche 24 avril 2011
mardi 29 mars 2011
Money's too tight to mention.
Chez M on affiche pas les prix, ce serait trop populaire. On sue dans la vapeur des parfums mélangés en regardant le ballet incessant des vendeuses tirées à quatre épingles.
Je ne viens jamais ici, aujourd'hui c'est exceptionnel, je recherche quelque-chose d'exclusif à leur marque. Ma présence détone dans ce lieu où s'ébattent les retraitées en goguette. Moi et mon jean trop long, mes fausses converse™ entachons le profil impeccable d'une enseigne de renom.
La situation se précise et surtout empire à mon passage en caisse, on me bouscule, me déplace me passe devant pour telle ou telle raison toujours avec cette même déférence exagérée qui dissimule à peine un mépris manifeste. J'attends au milieu de la succession des cliquetis du tiroir caisse, de la distribution des échantillons, les chiffres tombent comme annoncés au loto: "ça vous fera 80, 90€ Madame" Les vieilles rombières n'en finissent pas de gribouiller du chèque de tapoter du code pour repartir avec le dernier ravale façade de chez Chanel™, Dior™ ou Clarins™.
Passent des minutes interminables, mon tour arrive enfin, j'ai droit à la même politesse affectée que précédemment. La greluche pomponnée me propose une carte que je refuse d'abord et finis par accepter à l'annonce d'une promotion immédiate à la clé. Revirement qu'elle ne peut s'empêcher de commenter d'un "ah-ah" triomphant.
Ce "ah ah" qui veut dire "je t'ai cernée toi et ta dégaine de prolo, je te fais baver comme une dingue à coup de remise à pourcentage."
En sortant je me félicite d'avoir payé en liquide, allez savoir elle m'aurait sans doute craché à la gueule si j'avais sorti ma carte Electron™...
Je ne viens jamais ici, aujourd'hui c'est exceptionnel, je recherche quelque-chose d'exclusif à leur marque. Ma présence détone dans ce lieu où s'ébattent les retraitées en goguette. Moi et mon jean trop long, mes fausses converse™ entachons le profil impeccable d'une enseigne de renom.
La situation se précise et surtout empire à mon passage en caisse, on me bouscule, me déplace me passe devant pour telle ou telle raison toujours avec cette même déférence exagérée qui dissimule à peine un mépris manifeste. J'attends au milieu de la succession des cliquetis du tiroir caisse, de la distribution des échantillons, les chiffres tombent comme annoncés au loto: "ça vous fera 80, 90€ Madame" Les vieilles rombières n'en finissent pas de gribouiller du chèque de tapoter du code pour repartir avec le dernier ravale façade de chez Chanel™, Dior™ ou Clarins™.
Passent des minutes interminables, mon tour arrive enfin, j'ai droit à la même politesse affectée que précédemment. La greluche pomponnée me propose une carte que je refuse d'abord et finis par accepter à l'annonce d'une promotion immédiate à la clé. Revirement qu'elle ne peut s'empêcher de commenter d'un "ah-ah" triomphant.
Ce "ah ah" qui veut dire "je t'ai cernée toi et ta dégaine de prolo, je te fais baver comme une dingue à coup de remise à pourcentage."
En sortant je me félicite d'avoir payé en liquide, allez savoir elle m'aurait sans doute craché à la gueule si j'avais sorti ma carte Electron™...
lundi 28 mars 2011
System Failure.
Cycle infernal, je suis dans une tranche d'âge où les individus qui m'entourent poursuivent le même but articulé en 3 parties se déroulant comme suit (plus ou moins dans cet ordre): mariage, enfant, maison..
On ne m'avait pas prévenue qu'à partir de vingt cinq ans il fallait s'enrouler dans du tulle blanc, se préparer un nid (à crédit) et enfin y pondre de crainte que l'espèce humaine ne s'éteigne.
Peu à peu l'étau se resserre sur moi, les amis qui m'entourent se conforment à ce triptyque les uns après les autres. Noyée sous la masse des "je le veux" et des "fille ou garçon?" je recherche quelques congénères rescapés n'aspirant pas (du tout ou pas encore) à ce mode de vie qui finit par m'être insupportable.
Car je fais partie de cette catégorie mise au ban de la société, celle qui n'aspire ni à convoler en justes noces, et encore moins à se reproduire. Je tiens d'ailleurs pour performance personnelle le simple fait d'accorder à l'admirable jeune homme qui me supporte au quotidien, le droit de laisser sa brosse à dents séjourner dans ma salle de bains.
Non je ne m'extasie pas sur ce que contiennent les poussettes, j'en suis davantage à considérer la possibilité d'adopter un chat, je ne m'intéresse pas au bien fondé de la pièce montée à la réception tout comme je ne me renseigne pas sur les prix actuels de l'immobilier.
Je ne poursuis qu'un but, me construire une carrière qui me permette de voyager ou d'acheter ce qui me plait, je suis encore de ces attardés qui rêvent de home cinéma et d'écran plasma de 120cm, de piano à queue qui bouffe toute la place dans le salon, je veux prendre du bon temps sans penser à demain oui je le proclame haut et fort, je suis une égoïste! Et autant le dire tout de suite ce n'est pas près de changer..
On ne m'avait pas prévenue qu'à partir de vingt cinq ans il fallait s'enrouler dans du tulle blanc, se préparer un nid (à crédit) et enfin y pondre de crainte que l'espèce humaine ne s'éteigne.
Peu à peu l'étau se resserre sur moi, les amis qui m'entourent se conforment à ce triptyque les uns après les autres. Noyée sous la masse des "je le veux" et des "fille ou garçon?" je recherche quelques congénères rescapés n'aspirant pas (du tout ou pas encore) à ce mode de vie qui finit par m'être insupportable.
Car je fais partie de cette catégorie mise au ban de la société, celle qui n'aspire ni à convoler en justes noces, et encore moins à se reproduire. Je tiens d'ailleurs pour performance personnelle le simple fait d'accorder à l'admirable jeune homme qui me supporte au quotidien, le droit de laisser sa brosse à dents séjourner dans ma salle de bains.
Non je ne m'extasie pas sur ce que contiennent les poussettes, j'en suis davantage à considérer la possibilité d'adopter un chat, je ne m'intéresse pas au bien fondé de la pièce montée à la réception tout comme je ne me renseigne pas sur les prix actuels de l'immobilier.
Je ne poursuis qu'un but, me construire une carrière qui me permette de voyager ou d'acheter ce qui me plait, je suis encore de ces attardés qui rêvent de home cinéma et d'écran plasma de 120cm, de piano à queue qui bouffe toute la place dans le salon, je veux prendre du bon temps sans penser à demain oui je le proclame haut et fort, je suis une égoïste! Et autant le dire tout de suite ce n'est pas près de changer..
dimanche 13 février 2011
The Grudge.
Neuf heures du matin, ciel bleu hivernal, l'air glacé me lacère les joues. Blottie dans mon manteau je remonte une avenue principale quand je te vois arriver de loin à contresens. Sans même y réfléchir une seconde je me fige et change subitement de trottoir. Je sais qu'à cette distance, tu m'as vue, reconnue. Par ce geste clair je te dis ce que tu n'as jamais entendu.
Je te méprise, toi, ce personnage creux drapé dans un costard. Je hais tout chez toi, ta façon de marcher, de fumer, de parler. J'essaie après toutes ces années de comprendre ce que j'ai pu aimer en toi au point de me bousiller. Claquer l'argent des bourses dans tes clopes, les nuits dans un hôtel mal famé quand ton père ne voulait pas se barrer.
Ma première fois bâclée, et ce foutu cendrier renversé dans les draps.
J'aimerais te dire si tu ne l'as pas encore réalisé le comédien raté que tu es, père célibataire involontaire et trentenaire paumé.
Et surtout le plaisir non dissimulé que j'ai pris à cliquer sur "ignorer" le jour où tu m'as demandé une amitié.
Je te méprise, toi, ce personnage creux drapé dans un costard. Je hais tout chez toi, ta façon de marcher, de fumer, de parler. J'essaie après toutes ces années de comprendre ce que j'ai pu aimer en toi au point de me bousiller. Claquer l'argent des bourses dans tes clopes, les nuits dans un hôtel mal famé quand ton père ne voulait pas se barrer.
Ma première fois bâclée, et ce foutu cendrier renversé dans les draps.
J'aimerais te dire si tu ne l'as pas encore réalisé le comédien raté que tu es, père célibataire involontaire et trentenaire paumé.
Et surtout le plaisir non dissimulé que j'ai pris à cliquer sur "ignorer" le jour où tu m'as demandé une amitié.
jeudi 10 février 2011
Drownin'
Je n'y arriverai pas. Les factures, le loyer toutes ces merdes que je voudrais jeter plutôt que les ouvrir, c'est ça le prix de l'indépendance. C'est ça d'avoir choisi de vivre seule, sans céder à la facilité de la vie à deux sans accepter de s'étouffer de compromis, d'espaces répartis. Comme dans une barque percée, j'écope d'un côté mais l'autre se remplit.
Je travaille je cours, mais les quelques billets que je ramasse me brulent les doigts, disparaissent en fumée. Ne pas demander, ne pas s'avilir à mendier une signature au bas d'un chèque à l'instance paternelle, je retourne la situation dans tous les sens. Le loto, le braquage, la prostitution ? De quelles options puis je encore disposer? Débrancher le téléphone, fermer l'eau, éteindre le chauffage? A quoi bon, ces fils de pute auront toujours un foutu rib pour me pomper du fric chaque mois, que j'en ai ou pas..
Drownin' in an ocean of debts.
Je travaille je cours, mais les quelques billets que je ramasse me brulent les doigts, disparaissent en fumée. Ne pas demander, ne pas s'avilir à mendier une signature au bas d'un chèque à l'instance paternelle, je retourne la situation dans tous les sens. Le loto, le braquage, la prostitution ? De quelles options puis je encore disposer? Débrancher le téléphone, fermer l'eau, éteindre le chauffage? A quoi bon, ces fils de pute auront toujours un foutu rib pour me pomper du fric chaque mois, que j'en ai ou pas..
Drownin' in an ocean of debts.
jeudi 27 janvier 2011
Kingdom Hospital.
Passer l'après midi dans une chaise d'hôpital, éviter de laisser trainer ses yeux sur la perf, respirer par la bouche, refouler l'envie de vomir. Jamais je ne guérirai des souvenirs, le passé m'attendra toujours, bien caché derrière la porte d'une chambre. Si tout ceci m'est pénible je n'ose imaginer les fantômes qui se baladent dans la tête de mon père, comment il supporte l'ombre de la douleur qui plane sur nous, nous étreint le cœur dans son piège à loup.
A jamais je demeure horrifiée par la fragilité du corps, comment il se brise, se consume, se dégrade par le choc ou la maladie. N'attendez pas de moi le détachement, le fatalisme, jamais je ne percevrai la mort comme simple aléa de l'existence.
Pour la référence du titre.
A jamais je demeure horrifiée par la fragilité du corps, comment il se brise, se consume, se dégrade par le choc ou la maladie. N'attendez pas de moi le détachement, le fatalisme, jamais je ne percevrai la mort comme simple aléa de l'existence.
Pour la référence du titre.
vendredi 14 janvier 2011
A healthy mess
Des murs blancs, vaguement ornés sans réelle inspiration. "Chez moi" ça s'appelle, ou du moins c'est censé. Ce soir j'ai brusquement percuté que j'habitais un ensemble vide, qui ne dit rien sur la personne qui l'habite. Je suis entrée dans l'univers de quelqu'un d'autre aujourd'hui, son "merdier" m'a sauté aux yeux, parce qu'il était sain et vivant, parce qu'il racontait quelque-chose. En entrant dans sa chambre si personnelle j'ai pensé à la mienne, à ce grand espace glacé, jalonné de meubles; et un seul adjectif m'est venu: "muet".
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