dimanche 26 décembre 2010

"Pleasure at the Fairground on the way"

Il aurait mieux valu ne pas en parler, éviter de jeter du sel sur les plaies. J'aime l'illusion, elle me rassure, c'est un peu comme retarder l'ouverture d'un courrier désagréable, on le sait là, dans le tiroir ou ailleurs, on sait qu'à un moment ou un autre il faudra affronter la réalité, glisser le doigt sous le rabat, qu'importe il reste ce libre arbitre, celui de laisser trainer les choses.

J'ai reposé le téléphone sur son socle et laissé se décanter les choses quelques jours, sans percuter tout de suite. Les gens m'apprécient pour ma capacité à relativiser leurs affects mais quand il s'agit des miens on ne peut pas être plus à côté de ses pompes.
J'ai vécu, grandi, me suis construite avec des certitudes, des perceptions que je tenais pour acquises, inaltérables.

En réalité je ne sais pas qui elle était, je me suis façonné un petit personnage, je l'ai enjolivé de traits dramatiques adaptés à quelques pauvres souvenirs réels mais la vérité c'est que je ne sais rien mis à part ses goûts peut-être, et des bribes de phrases rapportées auxquelles je ne pourrai jamais réellement accorder foi.
Personne ne pourra jamais combler les blancs, je serai toujours tributaire de ceux qui ont vu, entendu, ceux qui disent savoir, connaitre et mettre des adjectifs précis pour la définir.

Je ne t'en veux pas d'avoir déversé tout ça dans mon oreille mais désormais je ne sais plus quoi penser, de moi, toi ou des autres qui détient sa vérité?

Heureusement, il me restera toujours Simply Red..

mercredi 15 décembre 2010

Back ?

8 mois de vide numérique, je ne prétendrai pas les combler mais au moins tenter de me reconnecter à cet espace, petit à petit..

jeudi 15 avril 2010

La grognasse du 27.


Tu parasites jusqu'à mes écouteurs, en fait vous êtes deux mais une seule de vous m'intéresse. Je laisse l'autre pourrir au fond du néant de son insignifiance.
J'entends ton rire de sale cochonne, tu te penches vers le conducteur du bus, vous êtes de connivence. Tu t'étouffes tellement de rire que je ne distingue qu'un bout de phrase: "crochu, mais crochu!!" Te croyant à l'abri derrière la vitre qui entoure le chauffeur tu me regardes à la dérobée avant de te détourner pour mieux ricaner dans mon dos.
Du moins c'est ce que tu crois, connasse elle est teintée la vitre mais c'est pas une glace sans tain. Je les vois tes yeux porcins qui se marient à merveille avec ton gros cul qui nécessite surement deux sièges à lui seul.
Subitement tu comprends quelque-chose, tu t'arrêtes, ne te retournes plus. Forcément, j'ai arrêté ma musique, je suis toute à toi, j'attends que tu ouvres ta gueule encore une fois pour te faire bouffer le pare brise. J'ai déjà les images, je te prends par les cheveux, par cette meule de foin ondulée qui te sert de tignasse, et je tape ta tronche de grognasse sur la vitre, jusqu'à ce que ton visage ne soit plus qu'un amas de chair sanguinolente, que ton sang et ta morve, parce que tu chialeras je te le garantis, se mélangent comme les couleurs d'un tableau impressionniste.
Et quand enfin je te lâcherai, petite merde sanglotante, pour descendre à mon arrêt, je te dirai ces quelques mots que jamais tu n'oublieras: "La prochaine fois tu garderas pour toi ce que tu penses des autres."

jeudi 25 février 2010

Médusa

Ça résonne dans la rue, un claquement sec traverse mes vitres "en calque", sous mes fenêtres sévit le duo infernal en pleine expérimentation du pétard dans la boîte aux lettres. Trois ans que ce morveux empoisonne le voisinage, quoi qu'il fasse tout se passe dans le bruit et la fureur, caprices, hurlements, tir au pistolet à bille sur automobilistes et le fin du fin apprentissage forcené du trombone à coulisse. En bon leader, il est toujours flanqué d'un sidekick, étrange petite créature que j'ai surnommée à raison "le pas cuit".
Des mois que j'attends mon heure, le moment où je pourrai enfin moucher ces deux nuisances rondouillardes engendrées par des laxistes ignorants de la notion même d'autorité.
J'ouvre discrètement ma fenêtre alors que notre tromboniste trifouille dans ma boîte aux lettres et l'interpelle depuis le deuxième étage. Blafarde dans la lumière du soir, les cheveux agités par le vent tels les serpents d'une gorgone: "Damien! Pas dans ma boîte aux lettres! Qu'est ce que vous faites ici? Vous n'avez rien à faire là. Pourquoi tu ne vas pas faire ça devant chez toi?!"

Bouche ouverte d'étonnement ou peut-être d'horreur, la marmaille se disperse sans une protestation. En voila deux que je ne suis pas près de revoir...

mardi 10 novembre 2009

Like a bullet to the head.

Assise sur un tas de gravats, la représentation concrète d'années d'illusions qui viennent soudain de s'effondrer. Je me suis crue martyre, victime d'une chute dont aurait résulté cet hideux faciès qui est le mien. Mais non la science a parlé, rien n'est cassé, rien n'est dérangé si ce n'est mes certitudes basées sur du néant. Ce que je suis, ce que j'abhorre je le dois à la nature même, j'étais née pour qu'on me montre du doigt, que l'on rie dans mon dos, que l'on m'apostrophe au détour d'une rue mais je ne voulais pas le voir. Mon visage n'est en fin de compte qu'un ensemble de stigmates fictives et si je veux vivre comme je l'ai toujours décidé, il me faudra payer, payer pour qu'enfin l'on m'accepte, qu'enfin je puisse relever la tête, payer pour me réinventer, m'affranchir de la vérité...

vendredi 30 octobre 2009

So I see, right through...

Minuit et demi, la rumeur du quartier s'élève, la clameur des voix mêlées et les verres qui s'entrechoquent. Matelas au sol, les bras en croix, les yeux grands ouverts je contemple le plafond blanc. J'apprivoise le décor, rembobine la journée écoulée; livre gratuit par erreur à la gare, une après midi de clichés. Changent les couleurs et la lumière au fil des heures, je m'adapte comme on bataille à la barre en pleine tempête. Ses yeux s'ombrent de noir, sa bouche s'ourle de rouge. Je tourne autour de ce corps de femme dissimulé aux regards, magnifié par des bas à rubans, relevé par un chapeau claque. Je ne dis rien ou presque, réoriente à peine son visage, c'est un rêve de naturel, de poses calmes et subtiles.
Les traits de noir resteront sur le coton, les bas au placard, mais moi je l'ai vue cette féminité brute révélée au miroir. Souvenir que j'isole, conserve en mémoire, entre les cris d'ivrogne, le boucan des soûlards...

mercredi 28 octobre 2009

I'm scared.

Je connais la prudence, un peu trop même, je marche à reculons la plupart du temps. Influencée par cette figure paternelle qui réfléchit trop, qui laisse tout passer qui veut mettre des garanties partout, j'en perds l'envie de tenter, de crainte de tout planter. Mais je me bats, et parfois je dis oui quand je pense non juste pour le plaisir de me créer cette crampe qui me ronge le ventre, juste pour l'espoir de crier intérieurement après coup : "I made it!" si ça tourne bien. J'ai pour copilote permanent l'angoisse de ne pas être à la hauteur, de mes envies, de mes ambitions. Je vois les autres qui avancent sereins, du moins en apparence, bien dans leur vie, leurs pompes quand j'ai sans cesse l'impression d'emprunter des vêtements trop grands pour moi, de jouer à la traductrice, à la photographe comme les gamines jouent à la dinette. Et derrière mes 26 berges crédibles, et les "Madame" qu'on me lance à la gueule je prie qu'on ne voit pas trop la main qui tremble quand je tends ma carte de visite ou la tension qui m'étrangle derrière mon appareil..