jeudi 15 avril 2010

La grognasse du 27.


Tu parasites jusqu'à mes écouteurs, en fait vous êtes deux mais une seule de vous m'intéresse. Je laisse l'autre pourrir au fond du néant de son insignifiance.
J'entends ton rire de sale cochonne, tu te penches vers le conducteur du bus, vous êtes de connivence. Tu t'étouffes tellement de rire que je ne distingue qu'un bout de phrase: "crochu, mais crochu!!" Te croyant à l'abri derrière la vitre qui entoure le chauffeur tu me regardes à la dérobée avant de te détourner pour mieux ricaner dans mon dos.
Du moins c'est ce que tu crois, connasse elle est teintée la vitre mais c'est pas une glace sans tain. Je les vois tes yeux porcins qui se marient à merveille avec ton gros cul qui nécessite surement deux sièges à lui seul.
Subitement tu comprends quelque-chose, tu t'arrêtes, ne te retournes plus. Forcément, j'ai arrêté ma musique, je suis toute à toi, j'attends que tu ouvres ta gueule encore une fois pour te faire bouffer le pare brise. J'ai déjà les images, je te prends par les cheveux, par cette meule de foin ondulée qui te sert de tignasse, et je tape ta tronche de grognasse sur la vitre, jusqu'à ce que ton visage ne soit plus qu'un amas de chair sanguinolente, que ton sang et ta morve, parce que tu chialeras je te le garantis, se mélangent comme les couleurs d'un tableau impressionniste.
Et quand enfin je te lâcherai, petite merde sanglotante, pour descendre à mon arrêt, je te dirai ces quelques mots que jamais tu n'oublieras: "La prochaine fois tu garderas pour toi ce que tu penses des autres."

jeudi 25 février 2010

Médusa

Ça résonne dans la rue, un claquement sec traverse mes vitres "en calque", sous mes fenêtres sévit le duo infernal en pleine expérimentation du pétard dans la boîte aux lettres. Trois ans que ce morveux empoisonne le voisinage, quoi qu'il fasse tout se passe dans le bruit et la fureur, caprices, hurlements, tir au pistolet à bille sur automobilistes et le fin du fin apprentissage forcené du trombone à coulisse. En bon leader, il est toujours flanqué d'un sidekick, étrange petite créature que j'ai surnommée à raison "le pas cuit".
Des mois que j'attends mon heure, le moment où je pourrai enfin moucher ces deux nuisances rondouillardes engendrées par des laxistes ignorants de la notion même d'autorité.
J'ouvre discrètement ma fenêtre alors que notre tromboniste trifouille dans ma boîte aux lettres et l'interpelle depuis le deuxième étage. Blafarde dans la lumière du soir, les cheveux agités par le vent tels les serpents d'une gorgone: "Damien! Pas dans ma boîte aux lettres! Qu'est ce que vous faites ici? Vous n'avez rien à faire là. Pourquoi tu ne vas pas faire ça devant chez toi?!"

Bouche ouverte d'étonnement ou peut-être d'horreur, la marmaille se disperse sans une protestation. En voila deux que je ne suis pas près de revoir...

mardi 10 novembre 2009

Like a bullet to the head.

Assise sur un tas de gravats, la représentation concrète d'années d'illusions qui viennent soudain de s'effondrer. Je me suis crue martyre, victime d'une chute dont aurait résulté cet hideux faciès qui est le mien. Mais non la science a parlé, rien n'est cassé, rien n'est dérangé si ce n'est mes certitudes basées sur du néant. Ce que je suis, ce que j'abhorre je le dois à la nature même, j'étais née pour qu'on me montre du doigt, que l'on rie dans mon dos, que l'on m'apostrophe au détour d'une rue mais je ne voulais pas le voir. Mon visage n'est en fin de compte qu'un ensemble de stigmates fictives et si je veux vivre comme je l'ai toujours décidé, il me faudra payer, payer pour qu'enfin l'on m'accepte, qu'enfin je puisse relever la tête, payer pour me réinventer, m'affranchir de la vérité...

vendredi 30 octobre 2009

So I see, right through...

Minuit et demi, la rumeur du quartier s'élève, la clameur des voix mêlées et les verres qui s'entrechoquent. Matelas au sol, les bras en croix, les yeux grands ouverts je contemple le plafond blanc. J'apprivoise le décor, rembobine la journée écoulée; livre gratuit par erreur à la gare, une après midi de clichés. Changent les couleurs et la lumière au fil des heures, je m'adapte comme on bataille à la barre en pleine tempête. Ses yeux s'ombrent de noir, sa bouche s'ourle de rouge. Je tourne autour de ce corps de femme dissimulé aux regards, magnifié par des bas à rubans, relevé par un chapeau claque. Je ne dis rien ou presque, réoriente à peine son visage, c'est un rêve de naturel, de poses calmes et subtiles.
Les traits de noir resteront sur le coton, les bas au placard, mais moi je l'ai vue cette féminité brute révélée au miroir. Souvenir que j'isole, conserve en mémoire, entre les cris d'ivrogne, le boucan des soûlards...

mercredi 28 octobre 2009

I'm scared.

Je connais la prudence, un peu trop même, je marche à reculons la plupart du temps. Influencée par cette figure paternelle qui réfléchit trop, qui laisse tout passer qui veut mettre des garanties partout, j'en perds l'envie de tenter, de crainte de tout planter. Mais je me bats, et parfois je dis oui quand je pense non juste pour le plaisir de me créer cette crampe qui me ronge le ventre, juste pour l'espoir de crier intérieurement après coup : "I made it!" si ça tourne bien. J'ai pour copilote permanent l'angoisse de ne pas être à la hauteur, de mes envies, de mes ambitions. Je vois les autres qui avancent sereins, du moins en apparence, bien dans leur vie, leurs pompes quand j'ai sans cesse l'impression d'emprunter des vêtements trop grands pour moi, de jouer à la traductrice, à la photographe comme les gamines jouent à la dinette. Et derrière mes 26 berges crédibles, et les "Madame" qu'on me lance à la gueule je prie qu'on ne voit pas trop la main qui tremble quand je tends ma carte de visite ou la tension qui m'étrangle derrière mon appareil..

jeudi 15 octobre 2009

These boots are made for walking....


Une fois n'est pas coutume, poursuivons dans le registre shopping...
Je suis communément atteinte de la malédiction des chaussures merdiques. Je n'aime pas en acheter, je tourne avec deux, trois paires en tout et pour tout et mon portefeuille se referme rageusement sur mes doigts si je songe ne serait ce qu'une seconde à balancer 70 € dans une paire quelle qu'elle soit. Résultat comme le cheap ne paie pas, il faut toujours que je me retrouve avec des pompes qui prennent l'eau, dont le talon se décroche ou autre joyeuseté. Comme j'en ai marre d'entendre floc à chacun de mes pas et d'essorer mes chaussettes imbibées de flotte, je prends mon courage à deux mains et pars en mission "chaussures d'urgence".
Et là c'est le drame... Je veux bien être pingre mais je garde quand même un certain degré d'exigence, à savoir: de la sobriété, de la féminité et un talon de hauteur raisonnable (5 cm max.) Alors quand je constate que le choix dont les magasins disposent cette saison, se résument à trois extrêmes hideux: les cuissardes de catin (talons aiguilles aussi vertigineux que leur prix, matière indéfinissable), les cuissardes de pêcheur (plates, matière indéfinissable) et les bottes dites motardes (des chaussures de mec quoi), je suis tentée de continuer la brasse dans mes chaussures flinguées.

Une fois épuisées toutes les marques et enseignes standard présentant chacune le même musée des horreurs, j'ai fini par échouer au détour d'une rue, dans un petit magasin sans prétention au nom amusant "Miss Cécile la belle", tenu par un charmant couple d'asiatiques. Ici les modèles sont empilés dans leurs boites à même le sol et séparés en minuscules travées. Ici pas de tabouret ou de miroir, on essaye où on peut en prenant garde de ne pas trébucher sur les gens, ou de shooter dans les boites. Mais ici au moins, j'ai enfin trouvé ce que je cherchais, un peu de talon, rien de tape à l'œil et personne n'a tenté de me vendre de semelle supplémentaire ou de bombe d'imperméabilisant. Bon je sais bien qu'à 25€ la paire on ne peut pas espérer de miracle, je sais bien qu'elles ne tiendront pas longtemps mais ces grolles là, au moins, me ressemblent...

lundi 28 septembre 2009

Not a fashion victim


Croyez moi c'est véridique, jusqu'à 12 ans j'ai porté des joggings informes pour enchaîner (de 13 à 17 ans) sur des pulls larges genre style "je pèse trois quintaux" et des jeans taille ultra haute auxquels on aurait pu ajouter des bretelles. Je ne suis pas une modeuse, la preuve, celles qui me côtoient connaissent bien mon attitude "bras croisés, je souffre en silence" quand on me traîne dans un magasin de fringues.

Et pourtant, j'ai depuis peu développé une étrange passion, j'ai nommé les t shirts créés par des graphistes (en série limitée.) Expliquer comment ça m'est venu serait trop long, les faits sont là comme peuvent en témoigner les 5 premières acquisitions ci dessus. Du hype, du féminin du décalé, du conceptuel, je touche à tout!
Les 3 derniers c'est une wishlist pour plus tard et là on bascule vers du nanar, du sympatoche et du politiquement incorrect.

Oui car, ce que j'aime surtout quand je porte ce genre de tee, c'est le visage surpris des passagers dans les transports en commun. :)
Si ça vous branche, c'est ici que ça se passe:
http://www.lafraise.com/
(Mes plus plates excuses aux pros de photoshop dont j'ai violé la rétine avec ce montage douteux...)